Nadir – Picture Elements Explorer

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L’installation Nadir, Picture Elements Explorer, de l’artiste Lucien Bitaux, est un instrument, une quasi-caméra, une sorte de sonde spatiale. Une roche composite est exploitée pour former des images. La machine s’essaye alors à révéler les paradoxes qui structurent les imageries astronomiques  ; entre les surréalités célestes et les matérialités minérales des représentations de l’espace  ; entre d’inévitables extractions démesurées et une poésie des éléments qui trace un chemin réunissant le noyau terrestre et le fond diffus cosmique.

J’envisage de concevoir un nouveau panel d’instruments, technologiques et numériques, qui permettront la production en série d’images hasardeuses, d’images volumes, de visions nouvelles.
Dans une forme de démystification des appareils de vision (du télescope à l’écran), des machines bricolées apparaîtront. Cette
seconde année au Fresnoy sera un laboratoire de l’image sauvage et indisciplinée. Ces images qui représentent ce qu’on ne peut voir à l’œil nu nous dépassent et nous imposent d’accepter la fragilité de notre vision.


Pour ce faire, le mélange des technologies les plus récentes avec des éléments optiques traditionnels permettra une hybridation des façons de voir. L’alliance des connaissances primaires avec leurs descendants peut conduire à quelque chose d’encore ignoré.
Cette étude a pour objectif de trouver une méthode pour capturer le point de contact entre la représentation et son référent, entre l’image d’une chose et la chose elle-même
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« Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire cette œuvre ? »

Des élèves de 3ème du collège Marie Curie de Tourcoing interrogent Lucien Bitaux sur le processus de son projet
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Nadir ?


Le nadir est le contraire du zénith. C’est la partie de la sphère céleste située de l’autre côté du globe vis-à-vis d’un·e observateur·rice. Il faut alors traverser la terre pour faire apparaître cette partie du ciel : appliqué au projet de Lucien Bitaux, le nadir est la métaphore de l’exploitation minière nécessaire à la fabrication des instruments astronomiques qui nous envoient les visualisations cosmiques.

Vidéo interactive : découvrez l’interview de Lucien Bitaux

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Donner forme à une installation-instrument

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« Qu’est-ce qui a inspiré la forme de l’installation ? »

Des élèves de 3ème du collège Marie Curie de Tourcoing interrogent Lucien Bitaux sur le processus de son projet

L’ensemble que formera l’installation sera considéré comme un instrument inspiré par certains rovers, sondes, et satellites spatiaux, comme Curiosity, Voyager et Genesis.
Sur l’appareil, il y aura différents outils qui composeront le tout et permettront d’explorer la roche composite. Cette machine sera découpée en quatre zones:
— la zone de perçage et d’extraction
— la zone de captation d’image
— la zone de retour vidéo des visuels
— la zone de récupération des échantillons
Ce sera une sorte de caméra, d’appareil photographique, qui fonctionne en direct.

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Modélisation de l’installation

Nature des images

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« Quelle est la nature de vos images ? « 

Des élèves de 3ème du collège Marie Curie de Tourcoing interrogent Lucien Bitaux sur le processus de son projet
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« Cette installation photographique usera de capteurs CCD ou CMOS associés entre eux, mis dans des positions inhabituelles, dans des contextes inaccoutumés, pour capturer des images avec de nouvelles méthodes.
Ce travail expérimental développera plusieurs
variations et tentatives divergentes, qui tendent
plus ou moins vers l’abstrait.


Différents écrans de monstrations des images
sauvages seront bricolés pour donner une suite
à ce travail expérimental de captation. J’aimerais
également manipuler des cristaux liquides utilisés
industriellement dans les dalles LCD. Le premier
film scoposcopique sera produit à partir de ces
nouveaux instruments de captation. Les images
seront captées par cette nouvelle machine,
transmettant des captations dites minérales en
direct. »

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Le silicium

Dominant la composition de tous les supports électroniques de notre temps, le silicium est structurel aux imageries numériques contemporaines. Accompagnées de métaux rares, les galettes de silicium (wafer en anglais) sont les matériaux de base pour une société numérique et donc pour un monde d’images toujours plus dense et diffus. Aujourd’hui, l’extraction de ces métaux implique des problématiques sociales et environnementales de plus en plus importantes qui donnent un statut nouveau aux images contemporaines : il faut creuser dans le sol, incinérer les pierres, exploiter les personnes et perforer les montagnes pour, par exemple, pouvoir apercevoir les confins de l’univers dans les vues astronomiques proposées par les organismes spatiaux.

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« Pourquoi ce choix de matériaux ? »

Des élèves de 3ème du collège Marie Curie de Tourcoing interrogent Lucien Bitaux sur le processus de son projet
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Extraits de lectures de Lucien Bitaux

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Lucien Bitaux

Né en 1995, Lucien Bitaux a initié la Scoposcopie, une discipline cherchant à représenter les dimensions imperceptibles. La démarche de cet artiste qui se décrit comme « explorateur des représentations » s’appuie sur la fabrication de ses propres instruments.

Depuis 2020, il mène une thèse en création artistique codirigée par Nathalie Delbard et Melik Ohanian inscrivant les visualisations astronomiques et les expérimentations photographiques contemporaines dans un champ iconographique commun : les imageries exploratoires. Lors d’expositions et conférences, il aborde ces sujets avec de nombreux·euses artistes et scientifiques, comme Joan Fontcuberta ou l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan.

Site web : http://lucienbitaux.fr/

Instagram : @lucien.bitaux

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Collaborateur·rice·s

Suivi artistique : Justine Émard et Melik Ohanian
Programmation : Lukas Truniger et Claire Pollet
Appui en construction : Brice Nouguès
Appui technique : Cyprien Quairiat et Julie Machin
Production : Barbara Merlier et Luc-Jérôme Bailleul
Coordination pédagogique : Éric Prigent

Eindhoven University of Technology, Dept. of Chemical Engineering and Chemistry SFD Lab. Stimuli-responsive Functional Materials & Devices Group, Michael Debije et Jeroen Sol
École Centrale de Lille, Didier Burgnies


En savoir plus sur le contexte de création au Fresnoy – Studio national des arts contemporains

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